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DANIEL LEBLANC JOUE COLLECTIF
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A 62 ans, Daniel
Leblanc est l'un des trois vice- présidents de
la Ligue des Pays de la Loire et aborde sa 19e
année dans cette fonction. Autant dire qu'il a
parcouru «quelques» kilomètres dans sa Mayenne
natale et bien au-delà. Un département dont
il fut le président du comité départemental
durant douze ans, dans le cadre de ses
missions en faveur de ce qui constitue le cœur
de l'athlétisme, les clubs. Car cet homme,
présenté par Jean-Pierre Fournery, Président
de la Ligue, comme «un homme très ouvert avec
une bonne connaissance du terrain et un recul
intéressant sur les situations», a la
farouche volonté de protéger ces structures
ne subsistant parfois que grâce à la bonne
volonté d'une poignée de dirigeants. «Nous
avons tous des expériences à partager, lance
Daniel Leblanc, travailler ensemble me tient à
cœur». On n'est pas loin de la profession de
foi du créateur des «Assises des clubs» de la
Ligue en 2006, un rendez-vous dont l'objectif
est de mieux comprendre et d'accompagner
celles et ceux qui s'investissent aux côtés
des athlètes et des coaches. Le renouvellement
des dirigeants et des entraîneurs, ou la
structuration de la relation
athlète-entraîneur-club, «le trépied
indispensable», telles sont quelques-unes des
problématiques que Daniel Leblanc, par
ailleurs ancien Directeur de réseau au Crédit
Agricole, s'efforce de résoudre depuis des
années.
MOTIVER LES JEUNES
Ex-athlète de très haut niveau - il fut
international dans les années 70 sur 800 m—
avant de devenir coach et enfin dirigeant,
celui qui officie encore comme starter
fédéral apporte aujourd'hui son expérience au
Stade Lavallois. «Nous perdons trop de jeunes
à cause du manque de compétitions,
insiste-t-il. Les championnats ne suffisent
pas. C'est pourquoi il faut amener les clubs à
participer aux challenges Equip'Athlé qui
permettent à tout le monde de concourir et de
se sentir concerné». Les jeunes, Daniel
Leblanc veut à tout prix leur donner envie de
persévérer dans l'athlétisme, car «de leur
présence dans nos clubs dépend l'avenir de
notre sport». Sa motivation est intacte même
si, «parfois, les habitudes sont difficiles à
bousculer. Nous devons être capables de
proposer des compétitions par niveau où chacun
pourra prendre plaisir à la confrontation.
C'est une vieille idée mais qui a du sens. Et
puis multiplions les colloques, valorisons les
entraîneurs, formons des juges» conclut-il
posément. Des idées, Daniel Leblanc n'en
manque pas. Mais, pour tenter de les mettre en
pratique, il n'avancera jamais seul. «Car,
isolé, on n'est pas grand-chose. ».
Hervé Bouffinier, entraîneur de Vanessa
Gladone (championne de France 2009 de la
longueur et du triple saut, 6,59 m à la
longueur en 2009), analyse un saut de
l'athlète lors des Championnats de France
Elite, en juillet dernier.
L e saut que l'on voit
décomposé ici comporte des phases très
efficaces et d'autres qui peuvent être
améliorées. En tout cas, de manière globale,
on peut dire qu'il n'est pas vraiment
académique,
mais qu'il a le mérite d'être efficace.
L'important, finalement, est-il d'être
esthétique ou d'aller loin?
En fait, la technique de Vanessa utilise au
mieux son potentiel. Il ne faut pas oublier
qu'elle vient de la hauteur, en passant par
les épreuves combinées, et que dans le même
temps elle intègre de nouvelles données en
progressant au triple saut... Les intentions
sur ces différentes disciplines sont bien
entendu différentes, ce qui peut chez certains
athlètes provoquer des confusions. Néanmoins,
l'apprentissage du triple a permis à Vanessa
de mieux sentir, dans les phases qui précèdent
l'impulsion, les pressions qu'il faut exercer
au sol via ses appuis. Ainsi, elle a pu
transférer au sol de manière plus efficace sa
puissance naturelle, et progresser de 52 cm en
longueur, de 3 cm en hauteur et d'1,54 m au
triple saut sur la saison 2009. À noter enfin
qu'elle effectue ce concours après celui de
triple saut, et en espérant participer ensuite
à la hauteur.
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LE SAUT EN LONGUEUR DECORTIQUE

1
L'arrivée sur la planche s'effectue avec un
fort allongement de la dernière foulée, ce qui
provoque une perte de vitesse. De plus, cet
allongement pour aller chercher la planche ne peut se
réaliser sans un retrait de l'épaule gauche et plus
généralement du buste. Ici, Vanessa va plutôt produire
une impulsion de triple saut, en gardant un appui très
long sur la planche. Elle en profite pour pousser le
plus longtemps possible. L'approche avec allongement
de la dernière foulée va avoir des liens directs sur
la liaison course impulsion: le
buste n'a pu
rattraper son retard et va donc freiner la vitesse
d'envol.
2
Si l'on reprend l'expression d'Alain
Tronquai (ndlr: ancien entraîneur fédéral) sur le
sujet, Vanessa utilise ici de manière satisfaisante,
en fonction de sa grande taille, le «chemin gratuit».
Ce «chemin gratuit » est la distance entre son pied
d'impulsion, sur la planche
et son centre de gravité: elle est bien en
extension. L'engagement vers le haut est marqué.
Vanessa met les intentions nécessaires pour se grandir
sur son côté d'impulsion. La jambe d'impulsion
effectue une extension complète avec une très bonne
fixation du genou de la jambe libre vers le haut et
l'avant. Cette fixation est facilitée par la position
«flex», fléchie, du pied avant. Cela permet d'éviter à
la jambe libre de partir vers l'avant, et de freiner
ses intentions de grandissement. L'impulsion est
d'autant plus efficace que l'on note un alignement
cheville - genou - hanche - genou libre. Cette
conjonction d'orientation des forces va permettre un
décollage efficace.
3
La suspension est
équilibrée, notamment au niveau du buste. On note un
retrait du bassin pour laisser passer les jambes et
permettre la continuité des rotations engagées à
l'impulsion. Il faut en effet à cet instant engager
une nouvelle rotation des segments libres vers
l'avant. Sans rotation, on retomberait à plat ventre
dans le sable...
4 et 5
La préparation du ramené est
perfectible. Il manque dans ce geste la possibilité
pour les pieds de revenir à la même hauteur que les
genoux, ce qui est essentiel pour effectuer le ramené
le plus loin possible, et aller chercher le fameux
«chemin gratuit» au moment de toucher le sable. Pour
bien ramener ses pieds au niveau du genou, à l'image
de Fiona May ou d'Eunice Barber, qui sautaient presque
jambes à l'horizontale, Vanessa aurait besoin de
davantage de force, d'abdos, de tenue du psoas. C'est
aussi une intention à donner à son saut.
6 et 7 L'image donne l'impression que c'est Vanessa qui
vient chercher le sable et non le sable qui vient à
Vanessa .Il ne faut pas oublier que nous vivons sur
terre et que tôt ou tard, tout corps projeté dans
l'espace retrouvera la terre ferme..
La quête du «chemin gratuit»
est correcte: il s'agit alors de réduire la distance
entre le point de contact des pieds dans le sable et
le centrede gravité, ce qu'elle réalise bien sur la
dernière figure.
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